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Les associations de tontine à travers le monde

En Inde, elles sont connues sous le nom de "Chitt Funds". Au Mexique, on les appelle des "Cunduira". On les appelle aussi "Hui" en Chine, "Daret" au Maroc, "Pandeiros" au Brésil, "Tanomosiko" au Japon et "Tandas" en Amérique latine. Peu importe comment on les appelle, une chose est sûre : les tontines sont utilisées dans presque tous les coins du monde.

Dans cet article, nous parcourons le monde et soulignons quelques riches traditions culturelles associées à cette forme unique de banque coopérative.

Tandas, les tontines d'Amérique latine

Les tontines sont utilisées dans toute l'Amérique latine, où elles sont plus communément appelées tandas, mais aussi Cunduira (Mexique), juntas (Pérou), et Consorcio (Brésil). Il s'agit généralement de regroupements informels entre amis ou membres d'une même famille, souvent formés parce qu'un membre du tanda a un besoin urgent d'argent.

Les tandas sont des pratiques culturelles importantes parmi les populations latino-américaines, elles sont basées sur la confiance mutuelle, ou "confianza".

Hui, la tontine chinoise

En Chine, les tontines se font parmi les membres d'une famille. Elles sont connues sous le nom "Hui". L'argent de la tontine est souvent utilisé pour faire des apports sur des achats immobiliers ou pour démarrer une nouvelle activité ou entreprise.

Le "Hui" est généralement initié par une personne de confiance au sein de la communauté, qui est responsable du recrutement et de la sélection de tous les futurs participants. Bien qu'un nouveau membre peut se porter garant et inviter ses amis ou sa famille, chaque nouveau participant doit être approuvé par le responsable du groupe.

Ce chef de tontine est également tenu pour responsable en cas de litige ou de fraude de la la part d'un membre du groupe. Pour compenser ce risque, le chef a la priorité sur les actions d'emprunts. Aussi, les membres de l'Hui doivent payer un taux d'intérêt au groupe lorsqu'ils prennent l'argent, un taux dégressif selon le moment où l'on souhaite bénéficier de l'emprunt.

Daret, la tontine marocaine

Au Maroc, la tontine est connue sous le nom "Daret", qui veut latéralement dire "tournante". Cette pratique est très répandue au Maroc et permet aux personnes qui se trouvent face à un besoin d’argent d’avoir une solution alternative au système bancaire.

Cette pratique permet d’échapper aux intérêts, aux frais bancaires et aux procédures administratives surtout lorsqu’il s’agit de crédits de petits montants. Plusieurs personnes l’utilisent également pour se constituer une épargne forcée et utiliser le capital constitué pour un achat conséquent ou pour couvrir une dépense importante.

"Daret" se développe dans des cercles où la confiance est renforcée par des liens de famille, de voisinage, d’amitié ou de travail et constitue une réponse simple aux besoins permanents de crédit et d’épargne de millions de marocains.

Les "Chitt Funds" : les tontines indiennes

L'Inde connait des solutions d'emprunt / épargne se basant sur la communauté depuis des siècles. Au départ, il s'agissait d'associations informelles de commerçants et de ménages au sein des communautés.

Dans le sud de l'Inde, en particulier dans l'État du Kerala, l'accès au crédit permis par les "Chitt Funds" a stimulé la croissance économique, et on estime maintenant qu'il y a environ 5 000 associations de "Chitt Funds" au Kerala qui rassemblent plus de 35 000 personnes.

En Inde du Nord, il existe un type unique "Chitt Funds" dans lequel chaque semaine, les noms des membres du fonds sont placés dans une boîte et le nom d'une personne est choisi au hasard. La personne ainsi choisie reçoit les fonds pour cette période et son nom est écarté afin qu'elle ne puisse plus recevoir les fonds recueillis. Les Chits sont utilisés par des gens de tous les niveaux de la société indienne et il existe même des sociétés de "Chitt Funds" qui gèrent et supervisent ces fonds.

Tanomosiko, la tontine japonaise

Les tontines "Tanomosiko" ont joué un rôle majeur dans le développement économique du Japon. Le nom "Tanomosiko" est dérivé de "tayori ni naru mono", qui signifie confiance. Ces systèmes de financement socials existent au Japon depuis au moins la période Kamakura (1185-1333), et à la période Tokugawa (1603-1868), où ils étaient très répandus. Ces "Tanomosikos" ont facilité l'épargne, les investissements immobiliers et commerciaux, les assurances et les prêts personnels. À la fin du XIXe siècle, alors même que les services bancaires commerciaux se développaient au Japon, nombre d'entre eux hésitaient à offrir des services bancaires personnels et à petite échelle.
De nos jours, l'utilisation du Tanomosiko a diminué au Japon, bien qu'il soit encore utilisé de façon informelle à Kyushu et à Okinawa.


Les tontines sont utilisées depuis longtemps par de nombreuses personnes aux quatre coins du monde. Elles portent différents noms, mais leur fonctionnement est le même : un groupe de personnes qui comptent les uns sur les autres pour fournir tout ce qui s'apparente à des services bancaires !

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